Libertés. Femme que fais-tu des tiennes?

Très jeune déjà, je souhaitais être un garçon.

Hum ! Bizarre.

Comment est ce qu’une jeune fille de 14 ans peut elle rêver être garçon ?

Je pense qu’à cet âge là je voyais déjà ce que la société attendait de moi et je savais déjà qu’il ne me serait pas facile de jouer ce rôle.

Jeune déjà j’étais trop têtue, j’avais trop de caractère et trop de personnalité. Même si en apparence j’étais une mauviette que pleurnichait à la moindre occasion, au fond j’étais plus dure que çà et ceux qui me connaissent savent que j’ai toujours refusé d’être “la femme”. Oui j’aurais préféré être un homme.

Même si rien n’est facile en ce monde, avouons que nous vivons dans un monde où les règles et les lois ont étés écrites par des hommes. Donc oui chacun prêche pour sa paroisse. C’est ainsi et au fond il est inutile de reprocher aux hommes d’être des hommes.

Non. Le reproche je le fais à nous les femmes.

Le 8 Mars de chaque année a été décrété Journée Internationale de la Femme. Faux !

Combien de femmes savent réellement ce que signifie cette journée ? Combien de femmes se posent même réellement la question ? Non mesdames, ce n’est pas la Journée Internationale de la Femme (nous nous contentons de si peu…). Il s’agit de Journée Internationale de Lutte pour les DROITS des Femmes.

Les DROITS des femmes. Parlons en.

Dans mon cher pays le Cameroun, d’année en année, un constat affligeant. Le seul droit que réclament les femmes, c’est le droit d’avoir le pagne. C’est si simple, et si stupide.

Pour ce seul motif, elles trompent leurs maris, elles découchent, se vont violer, dorment dans des caniveaux,.. pour le pagne, pour le 8 mars. Les droits des femmes.

On peut faire tellement de reproches aux hommes mesdames, mais reconnaissons-le. Nous sommes les premières responsables de nos malheurs.

Notre société nous a mise dans une boîte. Certes. Mais les murs de notre boîte, nous les entretenons. Dès qu’ils s’effritent nous les rebâtissons. Cela me fait penser à ces prisonniers qui redoutent tellement la liberté qu’ils commettent d’autres crimes en prison pour être sûrs de ne jamais en sortir.

Nous sommes à l’ère des libertés. Liberté d’expression, liberté d’orientation sexuelle, liberté de ci, liberté de çà.

Mais je vous le demande. Elle est où la liberté des femmes ?

Une femme qui ne sait pas faire la cuisine, c’est un scandale.

Une femme qui ne sait pas entretenir une maison, c’est un scandale.

Une femme qui ne peut pas faire d’enfant, tout le monde la plaint, elle fait pitié, elle est même marginalisée.

Une femme qui ne veut pas faire d’enfant, au mon Dieu. Impossible. Il ya quelque chose qui ne va pas chez elle, elle a dû être traumatisée dans sa jeunesse.

Une femme qui choisit une carrière professionnelle a une vie de famille, “hum ! Qu’est ce qu’elle veut nous montrer celle-là ? Une femme reste une femme, elle va regretter”.

Je peux concevoir et même accepter que les hommes nous définissent de cette manière. Mais il est pour moi inconcevable qu’une femme en fasse autant.

Les femmes ont été conditionnées pour être des épouses. Dans notre société, une femme est prête à tout pour se faire appeler Madame. Elle est prête à payer toutes les factures de la maison, prête à satisfaire monsieur comme et quand il veut sexuellement, prête à subir toutes sortes d’humiliations. Oui, peu importe. Elle est respectée, elle. Elle est considérée, elle. Elle a pitié de cette pauvre vieille fille célibataire qui gagne bien sa vie, gère son emploi du temps, s’envoi en l’air quand il lui plait et peut même décider si elle tombe enceinte ou pas.

Oui. Elle est bien mieux, elle. Elle est “Madame”.

Audrey Aboula par William Nsai

Audrey Aboula par William Nsai

Pas d’amalgame. Je ne suis pas entrain de dire que le célibat est mieux que le mariage. Non. A deux on a toujours été plus fort.

Ce que je dis, c’est que les femmes doivent connaître ce qu’elles valent. Elles doivent accepter le fait qu’il vaut mieux être seule que mal accompagnée. Elles doivent apprendre à être heureuses pour elles même. Elles doivent savoir que leur vie ne doit pas dépendre de celle d’un homme, leur bonheur ne doit pas dépendre d’un homme ou de qui que ce soit d’autre.

Nous sommes dans un pays en voie de développement et nous avons besoin de toutes les ressources possibles.

N’est ce pas désolant dans un pays comme le nôtre de voir une femme intelligente et au potentiel extraordinaire être réduite aux tâches de ménage ou de cuisine, alors qu’elle pourrait monter des projets qui pourraient employer d’autres personnes ?

N’est ce pas un pur gâchis de voir cette fille de 26 ans qui au lieu de travailler pour pouvoir subvenir à ses besoins, ou encore faire des études, a pour seul objectif se trouver un mari potentiel et lui faire pleins de bébés ?

N’est-ce pas scandaleux cette mère qui au lieu d’encourager sa fille a poursuivre ses études, l’incite clairement à laisser tomber sous prétexte que les hommes n’aiment pas les “longs crayons ?”

Pourquoi les femmes devraient-elles se diminuer et s’amoindrir pour donner aux hommes l’impression qu’”elle est très grosse “? Pour leur donner un semblant de supériorité ? N’est-ce pas pathétique ?

C’est vrai, je suis une féministe. Mais je ne pense pas les hommes et les femmes soient égaux. Ce serait beaucoup trop simple.

Aucun individu n’est identique à un autre. Chacun de nous a ses forces et ses faiblesses. Désolée de vous l’apprendre mais toutes les femmes ne sont pas douées pour la cuisine. Toutes les femmes n’ont pas l’instinct maternel.

Je me souviens quand j’étais au lycée la plupart pensait que les garçons devaient faire une classe scientifique et les filles une classe littéraire.

Vous parlez de liberté ? Il y a d’autres formes que le carré, il y a d’autres couleurs que le noir et le blanc.

Non, l’homme et la femme ne peuvent pas être égaux, car aucune personne n’est égale à une autre.

Mais la femme est plus que ce vous pensez qu’elle est, elle est plus que ce qu’elle pense être.

Elle a un boulot qui l’occupe de 8h à 17h. Mais elle trouve le temps de cuisiner, s’occuper des enfants, réviser avec eux leurs leçons, faire la lessive et le repassage, pendant que monsieur boit une bière avec ses copains ou regarde un match à la télé. Et comme si çà ne suffisait pas, elle doit assurer au lit. Et malgré tout elle est convaincue qu’elle est le sexe faible. Pire, elle fait semblant d’être le sexe faible pour vous donner l’impression d’être le sexe fort.

Dans cette histoire il n’y a ni fort ni faible. Peu importe le contexte ou le lieu, ou le temps, l’homme et la femme devraient être une équipe. Une équipe soudée qui avance ensemble, se bat ensemble et évolue ensemble. Pour le bien de la société, pour le bien de notre pays et de l’humanité.

Voilà ce que je revendique en tant que féministe. Ne nous sommes ni égales à vous, ni moins que vous, ni même supérieure à vous. Il ne s’agit pas d’une équation mathématique. Nous sommes vos partenaires, vos équipières, celles sans qui ni vous ni personne ne seraient là pour en parler.

Et mesdames, vous valez mieux, bien mieux que çà. Faire la cuisine, le ménage ou la lessive, il n’y a absolument rien de mal à çà. Mais vous pouvez apportez plus que çà, donner plus que çà.

Sachez qui vous êtes vraiment, soyez qui vous êtes vraiment. Sortez de cette boîte. Soyez libres.

Publicités

Les dessous de ma nouvelle collection. WaX MiX.

Çà y est, les premières photos de ma dernière collection ont été publiées. Pour moi c’est une bonne chose de faite.
J’entends cette petite voix dans ma tête qui d’un ton ironique me dit « mais quel enthousiasme « . Lol.

Pour moi en fait tout l’enthousiasme est concentré pendant que je créé.  Dans ces moments là je suis toute… Chose. Je saute sur place, je suis anxieuse, puis détendue,  puis nerveuse.  Bref une foule d’émotions me traversent quand je créé. C’est la meilleure partie de mon travail.

Croquis WaX MiX 1

Croquis WaX MiX 1

Une fois que j’ai obtenu ce que j’avais imaginé,  çà s’arrête là.  Mon attention se tourne vers un autre projet.

Bon parlons de cette collection,  puisque c’est de çà qu’il est question.  Je l’ai appelé WaX MiX (attention aux majuscules et au minuscules. Le détail, c’est ce qui importe ).
Contrairement à ma dernière collection RootS’tiK qui était 100% accessoires et qui venait un peu d’une autre planète,  celle-ci est centrée sur les chemisiers et reste très actuelle, très « vie de tous les jours ». Avec bien sûr une touche de boucles d’oreilles originales. Que voulez-vous ? Je suis une accessoiriste dans l’âme.

C’est une collection que j’ai voulue très simple, très colorée avec ce côté un peu décalé que j’aime tant.
Pour ce qui est des chemisiers,  il a juste s’agit pour moi de mélanger deux matières que j’affectionne: le wax et la mousseline. Le côté décalé ? Mélanger les motifs également. Les mélanger tout en gardant ce côté harmonieux, quasi uniforme. le mélange ne saute pas aux yeux, alors c’est qu’il est réussi.

Croquis WaX MiX 2

Croquis WaX MiX 2

Croquis WaX MiX 3

Croquis WaX MiX 3

Pour les boucles d’oreilles, ceux qui me suivent depuis un moment n’ignorent pas mon amour pour les perles de rocailles. Elles ont une grâce et une finesse que j’adore. Ici je les ai associées à du simili cuir pour faire ressortir l’éclat et la beauté des perles, tout en gardant cette harmonie qui m’est chère. J’adore ces bijoux. J’ai d’ailleurs du mal à m’en séparer.

C’est des pièces qui ont été créées pour être portées au quotidien. Vous constaterez d’ailleurs que les décors du shooting ont été plantés en plein centre ville.

Pour bien compléter les tenues, quoi de mieux que des sacs à main.

WaX MiX 1

WaX MiX 1

WaX MiX 2

WaX MiX 2

Je suis bien consciente que cette collection n’est pas aussi démonstrative que la précédente, mais je voulais quelque chose de simple, qui pourrait plaire à toutes les femmes, des tenues dans lesquelles elles se sentiraient belles, chics, confortables, tout en restant africaines.

WaX MiX 3

WaX MiX 3

WaX MiX 4

WaX MiX 4

Découvrez toutes les photos de la collection WaX MiX sur mon compte Tumblr en cliquant ici.

Pour ceux qui pensent que c’est facile d’être son propre boss…

Vous savez, très honnêtement je vis actuellement le rêve de ma vie.
Quand je bossais dans le « classique « , j’enviais les call-boxeuses, les couturières du marché. Bref toutes ces personnes qui a mon avis géraient leur quotidien à leur gré: Se lever le matin, démarrer quand on veut, clôturer quand on veut, etc. Etc. J’avais raison mais pas complètement.

Quand tu es dans le « classique  » faut reconnaître quand même qu’il y a pas mal de choses faciles. On a qu’à obéir, on a pas trop de décisions ou de réflexions sur une stratégie globale de l’entreprise. On est sur une tâche précise, un domaine précis notre réflexion ne va pas plus loin que ce territoire prédéfini. On peut être focus et super efficace sur CE point précis.

Être son propre boss c’est un peu plus compliqué. Il faut avoir une vision de son projet. Il faut être déterminé à réaliser son rêve. Il faut être à la fois PDG, Responsable de la comm, comptable, assistant, RH, commercial, et j’en passe.

Photo de Christian Sankeur

Photo de Christian Sankeur

Quand au mythe selon lequel on peut faire ce qu’on veut quand on veut, il n’en est absolument rien.
Quand on veut réussir dans son projet, on est pas son propre patron. On a le client pour patron. C’est le client qui décide de quasiment tout.
C’est le client qui décide de la qualité de votre travail, des produits que vous commercialisez, de vos heures de travail, de vos congés, de votre salaire. De quasiment tout. Oui le patron client n’est pas satisfait des fois. Mais il faut faire de son mieux pour le satisfaire si non c’est le licenciement.
Pour ma part, et même si je fais mine qu’il n’en est rien, çà me brise le coeur à chaque fois que le boss n’est pas content. Quand dans chaque tâche qu’on accompli on met tout son coeur, on a forcément envie de faire plaisir. Et quand c’est pas le cas…

Je vous l’avoue c’est pas évident au quotidien. Les journées courent à une vitesse fulgurante. La journée commence à 6h et s’arrête à 2h. On travaille plus, on réfléchi plus, on donne plus, on se sacrifie plus. Mais si on est heureux, si on est guidé par la passion, on en demande toujours plus.

1j, 2j, 3j, 4…6, 7… Marre de compter…

J’avoue que cette semaine n’a pas été de toute gaieté pour moi.
Toutes mes apprenties étaient indisponibles. Maladies et autres responsabilités. J’ai dû me taper une semaine seule au monde. C’était pas la joie. Elles m’ont terriblement manquées. Du coup j’avais envie de rien. Surtout pas de travailler. Dommage parce que j’ai une tonne de boulot en retard. Et sans les bras supplémentaires, c’est plus que chaud. Même si en fait il fait très frais sur Douala et que j’ai super froid (début de paludisme).

Comme si çà ne suffisait pas, les petits « couacs » du quotidien s’en sont mêlés : la télé qui explose, toute seule dans son coin, le moteur de la machine à coudre qui se grille, les paiements qui n’arrivent pas, les factures qui elles, arrivent bel et bien… Pfff…laissez moi dormir svp…

Cerise sur le magnifique gâteau de cette semaine pourrie, les attaques de BH (même prononcer leur nom çà m’énerve au plus haut point) sur la ville de Maroua.

Les clientes attendent, les commandes doivent être livrées. Il faut que je me lève. Il faut que je marche. Sans peur, sans crainte, car c’est ce que veut l’ennemi.

On a le droit de plier (c’est même nécessaire parfois), mais on a pas le droit d’être brisé.

La maladie ne m’arrêtera pas. L’ennemi ne nous arrêtera pas.

image

Photo de William Nsai